REALISATIONS

Huis clos - 2018

Chêne massif, chêne contreplaqué, système sonore
540-340-340 mm

Une conversation, un entretien à huis clos avec ma grand-mère Marcelle, à propos d’histoires de famille, entrecoupé d’extraits de récits de son père, parlant de son propre père. Mise en abîme intergénérationnelle, du dedans au dehors, du passé au présent, de l’histoire à la réalité. À l’intérieur de cette boîte se réfugie le partage d’une mémoire. Une caisse, d’une esthétique similaire à celles de transport d’œuvres, qui est l’enveloppe, le contenu d’une histoire passée et ce qu’il en reste. Les mythes, l’histoire de l’histoire, ont un intérêt pour moi, je ne cherche pas à les comprendre. Espaces curieux et séduisants, ils permettent d’exister et de faire vivre ces histoires. De nos jours on conçoit plutôt le mythe comme un ensemble renfermé sur lui-même relevant exclusivement de la fiction. Pour moi, il est une source, un témoin, nous permettant d’ouvrir une passerelle sur le temps. Un huis clos qui s’ouvre à qui voudra l’entendre.

Colligere souvenance - 2016

Sept boîtes, contreplaqué okoumé, tasseaux de bois, système sonore
150-150-300 mm.

Colligere souvenance se compose de sept boîtes utilisant le contreplaqué et l’esthétique particulière des caisses de transport d’oeuvres. J’ai échangé avec sept personnalités internationales, des souvenirs liés à la cuisine. La pièce se présente comme une collection de résonnances, protégées par leurs coffrets. Se déployant dans l’espace, chaque boîte dispose d’un système sonore, diffusant les mémoires dans la langue d’origine de leur conteurs. Ce qui m’a semblé premier dans cette démarche, est de créer une connivence entre mes expériences passées, d’en saisir une dimension plastique et sémiophore, en l’élevant et en garantissant cet héritage. Comptant aujourd’hui sept boîtes, ma collection ne cessera de grandir.

Triptyque 5 303 - 2015

Transfert trichloréthylène sur papier contrecollé sur bois MDF,
700-400. mm.

Triptyque 5 303, est une rencontre ayant pour genèse un voyage de cinq mois dans un pays inconnu. L’ensemble conte l’histoire d’une machine, d’un homme et d’un bâtiment.

Une rencontre avec Jou-Hin Fing datant de 2015 et a priori sans attrait particulier. Dans ma démarche, il m’est pourtant apparu prépondérant de le révéler par ces tirages.

Cuiller - 2016

Résine acrylique, résine époxy, ciment, 500-2300 mm / contreplaqué okoumé, tasseau de bois, moquette grise,
600-600-2500 mm.

Cuiller, est une représentation faite de mémoire, de la cuillère qu’utilise “ Maqué “ et sa boîte de voyage, d’une esthétique similaire à “ Colligere souvenance “. En jouant avec l’échelle de cet objet, je tente de comprendre l’essence du mot monumental. Cet ustensile est un hommage. Hommage raté, car rien dans la grandeur d’un monument, ne justifie sa taille.

Maqué - 2016

Film, projection,
7min.

Maqué, est une cosmogonie sentimentale, cette transcription d’une mythologie personnelle en partie dévoilée, ne cherche pas à montrer une technique ou une recette. Ici, l’on découvre “ Maqué “ faisant don de son héritage culturel : l’élaboration d’une spécialité locale, recette de pêcheurs et italiens immigrés dans la ville de Sète. Mon attention s’est essentiellement portée sur le détail et le dialogue poétique entre le froid et le chaud, le cru et le cuit, le dehors et le dedans. En définitive, l’enveloppe et le contenu d’une histoire passée, et ce qu’il en reste.

Quintessence - 2016

Installation olfactive, dispositif, stèle de diffusion Scentys ©,
1500-300-300 mm.

Quintessence, cinquième élément qui s’ajoute chez certains philosophes anciens aux quatre premiers et qui en assure la cohésion. Partie secrète, installation invisible. Une essence, une apostrophe olfactive ajoutant un ton immatériel au nuancier de ces notes sauvées de l’oubli. L’effluve du souvenir reliant les interprétations physiques de moments passés, le tout uni dans le cycle mémoriel présent.

Lu-Bian-Tan, Maqué Ma Caille - 2015

Triporteur inox, bois, acier
1900-2500-700 mm.

Au cours d’une odyssée à Taiwan, j’ai partagé une culture dont je ne comprenais aucun code. Durant les premières semaines, mon corps changeait, le temps d’apprendre à se déplacer, communiquer et même se nourrir. Témoin des pratiques culinaires de ce pays, je ne comprenais pas comment celles-ci pouvaient être victimes d’une ablation des rapports conviviaux qui en découlent. Ses acteurs ne prennent plus le temps, ni la patience de cuisiner un repas, ni le plaisir de le partager, pourtant acte principal de la performance d’une journée. Face au triste constat de la perte subie par les habitants, et bien obligé de faire face à mon flagrant amaigrissement, j’entrepris l’élaboration d’expériences culinaires, retournant à la simplicité de ces échanges quotidien. En utilisant des codes populaires locaux comme le véhicule de mon propre héritage - à savoir l’élaboration de la spécialité de ma ville natale - des moments de partage et de convivialité furent recrées. L’envie d’un échange à deux voies ouvrait une parenthèse inédite donnant accès à un rapport singulier. Avec une telle action insignifiante, on ne fait pas que manger ou même cuisiner, nous endossons le rôle de transmettre une mémoire, une histoire passée et à venir. Je me suis imprégné du courant populaire que représente le triporteur, afin de créer un espace où je pouvais m’exprimer, engager un dialogue tout en me nourrissant. Le voyage invite à la rencontre, et ceci à partir d’expériences concrètes menées tant au sein d’une école que dans le milieu de l’art, ou dans tout autre contexte.


Avec le triporteur, deux axes s’ouvraient: le premier créant une expérience se rapprochant de l’esthétique relationelle, le second de l’ordre de la performance culinaire, transmettant mon héritage personnel. C’est avec cette double responsabilité que ma pratique s’est dessinée.

Hommage à éclat rouge et IL - 2015

Installation, photographie tirage jet d’encre, encadrée acier, 700-450 mm / boite en verre et bois, jeton de casino rouge,
100-100-150 mm.

Télécharger
l’histoire d’éclat
rouge et Il

Hommage à Jou-Hin Fing - 2015

Installation, cinquante sept briques rouges vernies,
800-600-120 mm.

Télécharger
l’histoire de
Jou-Hin Fing

όνειροκριτικόν

Une histoire, un rêve, réel ou fictif, fait appel à la mémoire. Une mémoire très éphémère qui s’efface avec le réveil.

La nuit, quand un rêve me marque, j’écris l’éclat qu’il me reste. Le texte devient assujetti à la mémoire, il n’en reste qu’un souvenir passé. Cette éclat, devient dès lors la relique d’une mémoire, un ensemble de traces sans valeur, ne méritant pas l’attachement lui étant accordé. Des reliques fânées comme des cadres de tableaux anciens, de vieilles gravures jaunies par le temps tout en étant protégées de l’oubli, de la mort.

Chaque journée suivant une note, je cherche un témoin qui certifie par une image particulière, singulière, ces rêves qui constitueront une archive de plus. Ce témoin ne modifie en aucun cas le sens du rêve, l’image se rajoute, elle lui en fait dire plus qu’il n’en convient. Ils s’embellissent pour que la confrontation du souvenir avec la réalité nouvelle du monde puisse mettre en évidence les rapports de ressemblance sur lesquelles fonder son opinion. Une action qui me permets de donner une chose et d’en recevoir une autre de façon poétique.

Dans cet échange, une réflexion se fait. Je vois des formes, des actions, des interventions, nées d’un désir de rendre compte d’une réalité combinée à une mythologie personnelle subjective. La pratique plastique est une marque, une empreinte, une trace pour constituer ou reconstituer une mémoire, une activité de la pensée matérialisée. Installations, notes, photographies, dessins, objets, vidéos constituent autant de traces d’un vécu, d’une mémoire.

Un mémorial ne sert-il pas à rappeler un souvenir ? Nous aimons toutes les confessions et toutes les mémoires.

Rêve 1 - 2014

Texte rêve 1 / photographie / vidéo, enterrement d’un costume en scotch,
28 min

Je suis dans une salle ronde et je porte un costume trois pièces trop grand pour moi, il y a le conseiller général de l’Hérault à qui je dois expliquer pourquoi ce costume est trop grand.

Rêve 2 - 2014

Texte rêve 2 / photographie / installation, photographie tirage jet d’encre encadrée, capteur de mouvement, dispositif lumineux,
1700-1600 mm

J’ai un pull jaune et la femme que j’aime vient de me quitter par téléphone. Sa mère est avec moi à ce moment là, mais elle s’inquiète pour sa fille.

Rêve 3 - 2014

Texte rêve 3 / photographie / vidéo, déterrement d’un squelette de Tyrannosaure en bois MDF,
1500-1400-1000 mm, 10 min

Je me trouve à la plage et un ami se présente à moi de la plus simple des façons, il est nu. Ça me mets mal à l’aise. Il fait chaud.

Rêve 4 - 2014

Texte rêve 4 / photographie / Installation, photographie tirage argentique encadrée bois,
210-297 mm,
botte de foin,
500-500-1200 mm

Un homme d’un âge bien avancé me fait face. Cet homme a le visage de mon grand père maternel.

RETOUR